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| NOTRE HISTOIRE, par Benoit Labonté Des espaces verts sauvages aux aménagements verts d’aujourd’hui À une époque où les préoccupations environnementales prennent une place majeure dans les débats qui animent notre société, la présence d’espaces verts tout autour de nous trouve plus que jamais sa raison d’être. Bien qu’une ville ne soit pas un milieu forestier, rien n’empêche, comme le disait le poète allemand Hölderlin, qu’on puisse combler l’écart qui nous sépare de notre état de nature en faisant de notre mieux pour parfaire l’état de culture qui est devenu le nôtre au fil de notre histoire. Avec cette idée en tête, je me suis lancé sur les traces des efforts entrepris pour aménager Montréal et son centre-ville, de l’époque où l’endroit n’était qu’une île boisée, jusqu’à aujourd’hui. Des efforts sont entrepris pour ménager quelques îlots de verdure en plein cœur de Montréal, ce qui donne lieu, à partir des années 1840, à l’apparition de squares comme Viger, Dalhousie et Phillips, lesquels s’ajoutent aux quelques rares places publiques héritées de l’époque coloniale française ou des débuts du régime anglais. Déjà, on se préoccupe de préserver ou de renouer le lien qui unit le citoyen à la nature. En 1872, un pas de géant est franchi avec la décision de faire du Mont Royal un parc en bonne et due forme. On confie d’ailleurs l’aménagement des lieux à Frederick Law Olmstead, le grand maître d’œuvre du Central Park new-yorkais. Si l’ouest de l’arrondissement bénéficie en grande partie des travaux entrepris pour reverdir la ville, mes recherches m’ont montré qu’il n’en allait pas de même dans l’est, portion plus populeuse et populaire de Ville-Marie. Lieu de résidence pour bon nombre d’ouvriers, l’endroit porte profondément la marque d’un développement économique sauvage, et l’accès à la nature n’y est pas chose facile. À proximité, il y a bien sûr le parc Logan, ouvert en 1892, et rebaptisé La Fontaine, quelques années plus tard. Dans les limites de notre arrondissement, on trouve aussi, à l’époque, le parc Bellerive, au coin de Notre-Dame et Poupart, ainsi que le parc Sohmer, aujourd’hui disparu. Malgré ces efforts, l’idée de faire du milieu urbain un lieu où il fait bon vivre tarde encore à se matérialiser. Avec le 20e siècle, on assiste à quelques développements, mais ce sont surtout les installations sportives qui jouissent de la faveur des autorités municipales. Exception notable : le parc Médéric-Martin. Cet espace vert, bien connu des habitants du quartier Sainte-Marie, est devenu la propriété de la Ville en 1933, avant de profiter de mesures d’aménagement au début des années ’60. Un peu isolé au milieu des terrains de sports et loisirs, Médéric-Martin a profité de l’apparition d’autres îlots de verdure à la suite de la vague d’incendies qui a eu cours durant la grève des pompiers, en 1974. Plus récemment encore, l’ouverture du parc des Faubourgs a permis de doter l’arrondissement d’un nouveau lieu de détente, ouvrant sur de larges perspectives. On dénombre aujourd’hui, dans l’arrondissement de Ville-Marie, près de 129 parcs et mini parcs, et près de 112 000 arbres, dont 10 400 dans le parc du Mont-Royal seulement. Enfin, dans l’arrondissement, l’adoption récente de certaines politiques d’urbanisme, et d’un plan de reverdissement des espaces privés, se situent dans une volonté d’offrir aux citoyens un lieu où ils aiment vivre, se balader, circuler, un lieu qui fasse le pont entre le passé et l’avenir, bref, un lieu où ils se sentent bien. Bonne lecture et bonne promenade dans les rues de l’arrondissement de Ville-Marie. À vous maintenant d’y faire des découvertes. Remerciements au Centre d'histoire de Montréal et à l'Écomusée du fier monde. |