INFO VILLE-MARIE
 
Premier Forum économique et social dans l’arrondissement

Le 31 mai dernier avait lieu, au marché Bonsecours, le premier Forum économique et social de l’arrondissement de Ville-Marie, sous le thème de Vivre au centre-Ville.

Ce sont près de 200 participants, issus des milieux d’affaires, communautaires, ainsi que publics, qui, entre eux, ont tissé des liens privilégiés, afin de répondre aux problèmes de pauvreté et d’exclusion sociale au centre-ville de Montréal.

Avec ses quelques 80 000 habitants, l’arrondissement de Ville-Marie accueille aussi près de 500 000 travailleurs, et autres visiteurs, par jour, connaît un important développement et rassemble un grand nombre de commerces, d’entreprises et d’organisations sociocommunautaires. La cohabitation sociale du domaine public s’effectue entre différentes populations des secteurs économiques, résidentiels, mais également de gens vulnérables, souffrant de problématiques dont l’itinérance, la toxicomanie, la prostitution de rue, la violence, l’alcoolisme. C’est en réponse à cette réalité de mixité sociale que le Forum a été créé.

Sous la co-présidence de madame Phyllis Lambert, Directeur et Président du Conseil des fiduciaires du Centre Canadien d’Architecture, ainsi que de monsieur Serge Lareault, fondateur et directeur du Groupe L’itinéraire, le Forum économique et social aura été des plus concluants sur le plan d’interventions concrètes sur le terrain.

Ainsi, le Forum lance le coup d’envoi pour que, dorénavant, sur le territoire de l’arrondissement, des maillages féconds se créent plus facilement entre les organismes d’aide aux personnes dans le besoin et les partenaires privés.

À l’issu de ce Forum, une proposition d’outils de travail a vu le jour, notamment avec la déclaration Nous vivons tous au centre-ville : Position et engagement de l’arrondissement de Ville-Marie et la création sous peu d’une Société de développement social.

Le présent bulletin d’informations retrace les faits saillants du Forum économique et social, une occasion unique pour offrir, aux citoyennes et citoyens, le goût de vivre dans l’arrondissement de Ville-Marie, et de s’y divertir en tout quiétude.

 
Nous vivons tous au centre-ville :
La Déclaration de principes de l’arrondissement au terme du Forum économique et social

Réunis en Forum économique et social en plein cœur de Montréal, ce 31 mai 2008, les partenaires sociaux, économiques, communautaires et institutionnels de l’arrondissement de Ville-Marie partagent un objectif commun : celui de faire du centre-ville de notre métropole un lieu où la cohésion sociale soit véritablement une réalité quotidienne qui permette à tous, quelque soit leur statut social et économique, de partager l’espace public dans un esprit de respect, de civisme et de solidarité.

Nous partons du principe qu’aucune Cité digne de ce nom et de ce statut, désireuse de voir toutes ses composantes progresser de façon dynamique et porteuse dans tous les secteurs d’activités, ne peut se développer de façon durable et saine, sans d’abord s’appuyer sur une forte et vibrante cohésion sociale.

Nous devons par ailleurs constater que bon nombre des problèmes actuels reliés à la pauvreté, à l’itinérance, au logement, à la maladie mentale, à la délinquance ou à la criminalité - et qui sont autant de menaces à cette cohésion sociale -, dépassent, et de loin, les pouvoirs d’un arrondissement et, très souvent, ceux de la Ville de Montréal.

Par ailleurs, l’arrondissement de Ville-Marie possède la volonté politique et un certain pouvoir de préserver et d’augmenter la qualité de vie de ses résidants en agissant, par exemple, sur l’aménagement et l’utilisation des parcs et des espaces publics; sur sa façon de coordonner les actions des divers partenaires publics et privés – qu’ils interviennent au niveau social, économique ou communautaire -; sur la propreté ainsi que le financement de certains services de loisirs, de sports et d’activités culturelles, particulièrement en faveur des jeunes.

Nous considérons qu’il est urgent d’intervenir et de presser tous les paliers de gouvernement à agir de façon concertée, cohérente et résolue, afin d’apporter des solutions concrètes, porteuses et durables aux problèmes auxquels nos concitoyennes et concitoyens du centre-ville de Montréal sont confrontés.

Lutte à la pauvreté, aide à l’emploi, soutien à l’itinérance et insertion sociale.

Nous voulons, pour l’arrondissement de Ville-Marie, l’effet d’initiatives et de gestes concrets, afin de lutter contre la pauvreté qui ne cesse de prendre de l’ampleur. Pour ce faire nous demandons :

Au Gouvernement du Québec :
  • d’assurer des mesures interministérielles cohérentes, afin de réellement mettre en application la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale, et d’adopter une politique concernant l’itinérance visant à solutionner les problématiques graves reliées aux personnes très vulnérables;
  • d’apporter des solutions pratiques de lutte à la pauvreté, à travers des engagements nouveaux reliés à l’itinérance, à l’insertion à l’emploi, au logement et à la cohésion sociale;
  • de soutenir efficacement un réseau de services publics et communautaires, avec un financement adéquat;
  • de développer un plan d’action et d’assurer une coordination efficace pour augmenter l’insertion sociale et professionnelle des personnes démunies, en tenant compte des divers besoins de ces personnes et des problématiques qu’elles rencontrent;
  • de poursuivre et bonifier le programme Contrat de ville, afin de permettre aux arrondissements de lutter plus efficacement contre la pauvreté.
Au Gouvernement du Canada :
  • d’augmenter substantiellement ses budgets dédiés à la lutte à la toxicomanie;
  • de considérer les diverses expériences d’atténuation des effets de la drogue et de soutien aux toxicomanes chroniques pour la rééducation;
  • de réajuster à la hausse ses programmes de soutien au logement social.
Aux deux gouvernements :
  • de créer, dans une optique de soutien accru à la réinsertion sociale, un fonds conjoint de 25 millions de dollars par année, pour dix ans, dédié spécifiquement aux logements supervisés pour itinérants, dans le but de réduire sensiblement le nombre d’itinérants dans le centre-ville de Montréal.
À la Ville de Montréal :
  • de réviser « l’indice Pampalon et Raymond » afin qu’il tienne compte des données statistiques du recensement de 2006 sur la pauvreté à Montréal, ce qui permettrait de mieux répondre aux besoins des arrondissements les plus touchés.

Services pour la santé mentale.

Nous considérons que les personnes atteintes de maladies mentales sont trop souvent et facilement laissées à elles-mêmes. Elles manquent de soins et se retrouvent souvent dans la rue, seules et vulnérables. Pour que cesse cette tragédie, nourrie de déresponsabilisation, nous demandons au Gouvernement du Québec :

  • d’augmenter les possibilités des services sociaux et de santé publique pour les personnes atteintes de problèmes de santé mentale, ainsi que pour des programmes d’accompagnement et de maintien en logement;
  • de réviser rapidement ses politiques actuelles qui touchent à la désinstitutionalisation, afin d’en réduire les effets pernicieux.

Développement du logement abordable

Nous assistons à une augmentation importante du nombre de personnes qui n’arrivent plus à se loger convenablement, notamment à cause de la hausse des loyers des dix dernières années, de la disparition graduelle des maisons de chambres et du manque de logements sociaux et abordables et de services de maintien en logement. Afin de diminuer le nombre de sans-abri, nous demandons à la Ville de Montréal :

  • de créer un fonds de réserve foncière qui permettrait l’achat d’immeubles destinés à des logements sociaux;
  • de mettre en place un moratoire sur la transformation des maisons de chambre et, ensuite, de créer un programme municipal d’acquisition de maisons de chambres;
  • d’avoir une attitude plus proactive, notamment via la Société d’Habitation et de Développement de Montréal, lors de la vente de terrains à des fins de construction de logements, ou d’immeubles pour les mêmes fins, afin de tendre véritablement vers un pourcentage de logements sociaux et abordables.
Préservation du sentiment de sécurité

Nous désirons augmenter le sentiment de sécurité dans l’arrondissement de Ville-Marie, afin que tous les citoyennes et citoyens qui y vivent, y travaillent ou le fréquentent, puissent le faire en toute quiétude. Afin de contrer la criminalité, les incivilités, ou simplement la peur causée par un manque de présence ou d’information, nous demandons à la Ville de Montréal :

  • d’augmenter les ressources du Service de Police de la Ville de Montréal, notamment en ce qui concerne la lutte aux trafiquants de drogue et la police de proximité;
  • de cesser la judiciarisation de l’itinérance chronique.
L’ARRONDISSEMENT DE VILLE-MARIE, POUR SA PART, S’ENGAGE :
  • à revoir clairement sa mission et ses modes d’intervention en matière de développement social urbain et cohésion sociale;
  • à poursuivre son soutien actif aux organismes qui travaillent dans le sens de l’amélioration de la cohésion sociale;
  • à développer une politique inclusive d'animation et de partage de l'espace public, afin de rendre ce dernier plus sécuritaire pour tous;
  • à poursuivre ses efforts dans le domaine du respect, du civisme et de la propreté;
  • à réunir rapidement tous les organismes concernés afin d’en arriver à une solution acceptable sur l’avenir des maisons de chambres;
  • à mettre en place des mesures d’atténuation de la circulation automobile dans les rues résidentielles;
  • à épauler les organismes de citoyens et de commerçants qui s’impliquent dans l’amélioration de la qualité de vie dans les divers quartiers de l’arrondissement;
  • à continuer de réserver des endroits spécifiques, afin que les jeunes de la rue puissent exprimer leur créativité;
  • à développer une politique favorisant les entreprises d’économie sociale dans l’attribution de ces contrats, lorsque cela est possible;
  • à mettre en place, pour le 1er janvier 2009, la nouvelle Société pour le Développement Social de l’arrondissement de Ville-Marie (SDSVM).
 
Une Société de développement social pour Ville-Marie

Dans le but de poursuivre les actions de l’arrondissement en matière de développement social, bien au-delà du premier Forum économique et social qui se tenait le 31 mai dernier, le maire de l’arrondissement et Chef de l’Opposition officielle, Benoit Labonté, a annoncé la création permanente d’une Société de développement social (SDS) dans Ville-Marie.

La nouvelle société aura pour mission d’identifier les besoins de l’arrondissement en développement social, tout en mettant en œuvre des maillages, projets et initiatives nécessaires pour assurer une meilleure cohésion sociale dans l’arrondissement. La SDS opèrera selon deux axes, soit les activités de cohésion sociale et de résolution de problématiques locales, ainsi que les activités d’information et de communication.

En matière de cohésion sociale et de résolution de problématiques locales, la SDS devra notamment organiser ou promouvoir des activités pour susciter une participation citoyenne, large et diversifiée, à la réalisation de projets, et développer des associations nouvelles de partenaires solidaires de sa mission. De plus, elle devra évaluer les gains en matière de développement social et émettre un rapport. L’accent sera mis sur la réalisation de projets concrets consacrés aux clientèles vulnérables faisant face à des problématiques de pauvreté et d’exclusion. Ces projets pourraient, notamment, viser le renforcement de certains services d’aide aux démunis, l’amélioration de l’aménagement urbain et d’équipements récréatifs, ainsi que le développement d’activités permettant la réinsertion sociale.

Quant au second axe, soit l’information et la communication, la SDS assurera une veille des besoins et solutions potentielles en matière de développement social et économique du territoire de l’arrondissement, ainsi qu’un suivi auprès des instances décisionnelles ou consultatives. De plus, elle sera attentive aux besoins et projets de la communauté, tout en assurant la communication et la publication d’un rapport d’étude et des recommandations.

« Un tel type de société a fait ses preuves ailleurs en Europe en créant des ponts entre les diverses instances de la société civile, que ce soit des associations de résidants ou de gens d’affaires, des commerces ou des groupes communautaires, a expliqué M. Serge Lareault, Éditeur et Directeur général du Groupe L’itinéraire. C’est l’union des forces d’une localité, appuyée par un organisme de coordination, qui pourra amener des changements concrets basés sur l’engagement enthousiaste et directe de la collectivité. »

La SDS sera dotée d’un conseil d’administration composé de cinq membres, provenant du milieu des affaires, des groupes communautaires, du milieu institutionnel, et de l’arrondissement.

« En attendant que les paliers supérieurs fassent également leur part en appliquant des politiques cohérentes pour répondre à une situation de pauvreté qui ne cesse de prendre de l’ampleur, notre arrondissement s’engage à donner l’exemple d’actions concrètes au niveau de nos capacités », a conclu le maire Benoit Labonté.

Disposant d’un fonds de démarrage fourni par l’arrondissement, la SDS devrait débuter ses opérations dès le 1er janvier 2009.

 
Les maillages, une approche concrète des secteurs public et privé des problèmes liés à l’itinérance et à la pauvreté

À l’occasion des discussions et des échanges auxquels aura donné lieu le récent Forum économique et social, un sujet ressort parmi d’autres : celui de l’importance du maillage pour la résolution de problèmes associés à l’itinérance et à la pauvreté. Ce concept consiste, principalement, dans l’association du secteur privé avec les intervenants des milieux institutionnels et des organismes à but non-lucratif afin de penser, de mettre sur pied et de soutenir des projets concrets visant à développer et assurer une meilleure cohésion sociale entre toutes les personnes qui fréquentent un espace donné.

L’un des mérites du Forum aura été la publicisation d’initiatives dignes de mention, mais aussi la création de liens nouveaux entre des partenaires de différents milieux. Entre autres cas de maillages réussis, on retrouve notamment l’implication directe de certaines compagnies qui supportent et encadrent l’implication bénévole de leurs employés. L’action de la firme Samson Bélair / Deloitte & Touche est à ce titre des plus exemplaires. En effet, le 5 septembre prochain, une centaine de ses employés se donneront rendez-vous pour travailler à la réparation et au rafraîchissement du Comité social Centre-Sud. Ce type de participation directe n’est toutefois pas le seul à s’inscrire dans l’optique d’une association fructueuse entre secteurs privé et public.

D’autres, tels que la SDC du Vieux-Montréal, les Échos centre-ville et Vieux-Montréal, ainsi qu’Ultramar, la CSN, Tandem et les postes de quartier 21 et 22 ont, quant à eux, soutenu l’effort de projets de réinsertion comme ceux proposés par ToxicoNet, Spectre de rue et TAPAJ, en procédant à l’embauche occasionnelle de travailleurs issus de la rue.

De son côté, le détaillant La Cordée y est allé de dons directs en vêtements et en argent pour venir en aide au Centre d’amitié autochtone de Montréal, lequel dessert un bassin de près de 900 personnes dans le besoin.

On ne peut non plus passer sous silence le projet de Gaz Métro visant à animer et revitaliser l’école primaire Garneau, située è l’angle des rues Lafontaine et Papineau. Connu sous l’appellation « 80, ruelle de l’Avenir », cette initiative prendra la forme d’aménagements multiples entre les murs d’une annexe de l’institution. On y retrouvera notamment une cuisine laboratoire, une salle de botanique, un centre multiméadia et un atelier des sciences qui seront tous mis à la disposition des jeunes élèves. Le gymnase et le toit de l’école profiteront aussi d’une part d’investissement, le toit devant d’ailleurs être converti en un jardin de plantes et de fleurs auquel on donnera le nom de « Place de l’avenir ».

Enfin, d’autres projets destinés à soutenir les plus démunis, à l’instar du Parco-Don ou du plan de revitalisation du parc Fleury-Mesplet et de la rue Friponne proposé par l’Accueil Bonneau, n’auraient pu ou ne pourront voir le jour sans le support des milieux d’affaires.

L’apport du secteur privé à travers des initiatives de maillage apparaît par conséquent comme un élément moteur dans la mise en place d’actions concrètes susceptibles de soulager la misère et de permettre la création d’un lieu de vie où tous se côtoient et s’apprécient mutuellement. L’arrondissement de Ville-Marie se réjouit de pouvoir prêter main-forte à des entreprises qui ont à cœur le mieux-être commun.