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| NOTRE HISTOIRE, par Benoit Labonté Cent ans déjà ! Le Canadien de Montréal et sa présence dans Ville-Marie Le Canadien de Montréal, ce n’est pas une simple affaire d’arrondissement, cela va de soi. Le Tricolore rayonne en effet bien au-delà des limites géographiques de Ville-Marie. Il n’en demeure pas moins que ce rayonnement prend d’abord et avant tout sa source au centre-ville de Montréal et qu’une longue histoire d’amour lie depuis longtemps les gens d’ici avec leur équipe fétiche. À l’occasion du centenaire de l’équipe, l’arrondissement a donc jugé bon de prendre le temps de signaler l’importance des Glorieux et la place qu’ils occupent dans Ville-Marie. Même si une certaine controverse semble parfois exister quant aux origines du hockey au Canada, il semble néanmoins que c’est à Montréal que notre sport national aurait vu le jour. La première trace d’un match annoncé officiellement reste d’ailleurs celle d’un affrontement entre deux formations de l’université McGill, en date du 3 mars 1875. À cette époque et jusqu’au début du 20e siècle, le hockey se pratique essentiellement chez les anglophones ; les francophones, eux, y viennent plus tardivement. Cet intérêt croissant jouera toutefois un rôle très important dans la naissance du Canadien qui, pour des motifs de représentativité qui ne seront pourtant pas dénués d’intérêt commercial, sera fondé pour être l’équipe des Canadiens français. Première équipe francophone d’importance, le Canadien voit le jour le 4 décembre 1909, entre les murs d’une chambre d’hôtel montréalaise, à l’hôtel Windsor. Le CH est alors l’une des cinq équipes de hockey de la métropole. Il faut toutefois attendre le 19 janvier suivant avant de voir l’équipe disputer sa rencontre inaugurale contre les Creamery Kings de Renfrew. Ce match se solde par un revers qui préfigure déjà la saison de misère que connaîtra le club cette année-là. En fait, deux seules victoires seront portées à sa fiche, dont la toute première, le 7 février 1910, contre les Comets de Haileybury. Il aurait alors été bien difficile de prédire l’avenir radieux qui s’annonçait pour nos futurs Glorieux… Une chose demeure toutefois : si le Canadien voit le jour au centre-ville de Montréal, c’est beaucoup plus en périphérie qu’il dispute ses rencontres locales lors de ses premières années d’existence. En fait, les parties à domicile vont d’abord être jouées dans l’arrondissement d’Hochelaga-Maisonneuve, plus précisément à l’aréna Jubilee, situé sur Sainte-Catherine, entre les actuelles rues Alphonse-D.-Roy et Omer-Ravary. Après seulement une saison, l’équipe évoluera ensuite jusqu’en 1916 à l’aréna de Westmount, coin Wood et Sainte-Catherine Ouest, tout près de l’emplacement où s’érigera un jour le Forum de Montréal. L’incendie des lieux forcera toutefois la formation à reprendre le chemin d’Hochelaga, avant de déménager de nouveau, cette fois sur le Plateau. Ainsi, de 1919 à 1926, c’est à l’aréna Mont-Royal, sise au coin Mont-Royal et Saint-Urbain, que les porte-couleurs locaux disputeront leurs parties. 1926 marquera cependant l’installation définitive du Canadien de Montréal sur le territoire de l’actuel arrondissement de Ville-Marie. Cette année-là, le nouvel édifice, construit sur l’emplacement d’une ancienne patinoire cerclée d’un anneau conçu pour le patin à roulettes, deviendra le domicile fixe des Glorieux. Même si ceux-ci avaient déjà disputé une rencontre sur place le 29 novembre 1924, la saison 1926 est vraiment le point de départ de la longue histoire d’amour qui unira les partisans de hockey de Montréal (et éventuellement d’un peu partout ailleurs) et l’édifice logé au coin de Sainte-Catherine et Atwater. Lieu mythique, le Forum sera l’hôte de plusieurs événements marquants, tant pour la Ligue nationale de hockey que pour le Québec tout entier. C’est là que vont naître et mourir les équipes et les grandes dynasties qui iront chercher 22 des 24 coupes Stanley remportées jusqu’à nos jour. C’est aussi là que sera exposée la dépouille de Howie Morenz, en 1937, après que la super-vedette soit décédée des suites d’une blessure infligée sur la glace. C’est de là également que commencera l’émeute de 1955, aujourd’hui perçue comme un moment-phare dans l’affirmation du fait français au Canada. Enfin, c’est de là qu’émergeront les reportages radiophoniques (dès 1934) et télévisuels (à partir de 1952) qui permettront de faire connaître à l’ensemble du Québec cette équipe qui deviendra dès lors un authentique fleuron de la Belle province. Et c’est là que les fantômes éliront domicile… Toute bonne chose ayant nécessairement une fin, un nouvel édifice viendra pourtant prendre la relève du Forum vers la fin de l’hiver de 1996. Depuis lors, c’est le Centre Bell (connu comme le Centre Molson jusqu’en 2002) qui accueille les parties du Tricolore. Même si le bâtiment ne compte pas encore de conquête printanière, il a néanmoins été le site de moments émouvants, comme l’exposition du corps du regretté Maurice Richard, décédé le 27 mai 2000. Il a également été l’endroit de grandes réunions, comme celle organisée pour le récent retrait du chandail de Patrick Roy. Plein à pleine capacité depuis quelques années, le Centre Bell est fin prêt désormais pour son premier triomphe… Et la rue Sainte-Catherine, pour un autre défilé… |